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Rendre à César ce qui appartient à César

jeudi 31 juillet 2014

Dans les années 1970-1980, au sein d’un recueil de poésie intilulé "simplement toi", j’ai écrit un aphorisme que je croyais totalement original :

"Comme vous pouvez le voir et l’entendre, la mort n’est qu’un mot qui prend l’r"

Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais aucun doute.

Mais ce matin, fortuitement, gâce à Google scholar, je découvre que l’image avait déjà été créée soi disant par un auteur tombé dans l’oubli, reproduit dans un roman de Michel Arrivé édité en 1977 chez Flammarion : Les Remembrances du vieillard idiot. Le narrateur, Alfred Hellequin, est entré avant 40 ans à l’hospice de vieillards de Châtel-sur-Loire. Recourant exclusivement au « vous de politesse », il raconte alternativement les souvenirs de sa vie d’autrefois (notamment son histoire d’amour avec la désastreuse F.) et la chronique de sa lamentable vie quotidienne à l’hospice : témoignage authentique sur la condition des vieillards dans les asiles provinciaux à la fin du siècle dernier. L’ancien métier du narrateur – il était professeur de linguistique et de littérature françaises à l’Université – laisse dans le roman une trace importante : Alfred Hellequin reproduit la biographie de l’écrivain méconnu Adolphe Ripotois (1914-1954) et quelques fragments de ses œuvres inédites. On retient surtout aujourd’hui de ces textes de Ripotois deux aphorismes : « Prendre les mots au pied de la lettre, c’est prendre son pied avec la lettre » et « Le mot, c’est la mort sans en avoir l’R ».

En tout cas,, au moment où j’ai écrit cet aphorisme j’ignorais totalement l’auteur (les auteurs) en question.

 

Voir aussi fous-litteraires.over-blog.com/article-lansana-berete-48230210.html