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Décès de l’écrivain Michel Chaillou

mercredi 21 mai 2014

Michel Chaillou in mémoriam


J’ai appris très récemment le décès de Michel Chaillou, le 10 décembre 2013, un collègue et ami de longue date. Il a été incinéré au cimetière du Père-Lachaise en décembre 2013 et j’aurais sans doute pu aller l’accompagner à sa dernière demeure. Un malentendu dans la communication par la poste n’a pas permis de le faire.

J’ai connu Michel Chaillou au début des années 1970 parce que nous sommes rentrés tous les deux comme collègues à l’IUT de Saint-Denis à l’université Paris XIII.
Nous avons rapidement sympathisé sans doute parce que nous étions tous les deux assez marginaux dans la sphère universitaire. Lui et moi nous venions de milieux modestes et nous avions suivi un cursus particulier et pluridisciplinaire à l’université.

Après des études secondaires difficiles, Michel Chaillou avait suivi un cursus de philosophie, de littérature et aussi de spécialistes en média pédagogique.
Mais surtout, passionné de littérature, il avait commencé à publier des ouvrages d’une originalité évidente dans le domaine romanesque.

Il était devenu enseignant en techniques d’expression. Personnellement j’enseignais la psychosociologie.
Nous discutions souvent sur la problématique de la pédagogie en IUT de gestion des entreprises, face à des étudiants qui y étaient sélectionnés mais qui parfois restaient ambivalents par rapport à l’université.

Michel était avant tout un créateur d’une originalité extrêmement développée.

On peut s’en rendre compte, dès son premier roman, Jonathamour, écrit à 38 ans.(émission INA.FR)

Son cours était passionnant et portait complètement sa marque personnelle.

Il me souvient d’une séance où je l’avais invité à venir parler de la création dans notre association des enseignants et des chercheurs en sciences de l’éducation (AECSE).
Il avait nettement bousculé les tabous à cet égard et avait dérouillé bien des portes dans le domaine de la recherche en éducation.

Nous sommes restés collègues pendant 18 ans pour moi et pour lui encore un peu plus longtemps, avant qu’il ne réussisse à intégrer l’université de Paris VIII, comme moi-même dès 1988.

Dans cette université nous sommes ainsi demeurés encore collègues pendant longtemps puisque j’ai pris ma retraite de professeur en 2007.
Michel était parti un peu avant pour pouvoir écrire à plein temps une œuvre qu’il chérissait par-dessus tout jusqu’à son dernier roman publié quelques mois avant sa mort.

Je l’avais revu il y a deux ou trois ans lors d’un dîner chez lui avec sa famille notamment sa femme à Michel et son fils David.
Je l’avais trouvé amaigri, et vieilli, assez fatigué, suite à une longue maladie, mais encore en forme et toujours aussi emporté par son enthousiasme créateur.

Michel Chaillou est maintenant parti du côté de l’envers des choses et des êtres, là où la création ne cesse de continuer mais sans lui.

Adieu, mon ami, et que ton œuvre fasse de nombreux ricochets sur la rivière de la littérature où coule à jamais les eaux grandement humaines que tu aimais tant.

René Barbier

On peut poursuivre sa connaissance posthume sur son site http://michel-chaillou.com

Son fils David, compositeur talentueux et universitaire, prolonge sur le plan musical, l’esprit créateur de son père (écoutez-le ici)

 

Un hommage sera rendu à Michel Chaillou, le 3 juin 2014 à 19 heures, au Centre national du livre
53, rue de Verneuil - Paris 7
Entrée libre et gratuite
(métro : Solferino)

 


Voir en ligne : Michel Chaillou, les voix de l’écriture