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Des scientifiques contre l’écologie

vendredi 12 juin 2015, par René Barbier

Une minorité de scientifiques s’échine depuis plusieurs années à contrecarrer les recherches sérieuses qui montrent l’impact de l’homme dans le réchauffement de la planète. On les nomme les "climato-sceptiques".
Sous l’égide d’un géologue ancien ministre qui fut jadis, paraît-il, socialiste, Claude Allègre, ils développent une stratégie "entriste" dans les instances de l’Académie des Sciences en France.

Ils animent une "Fondation dite Écologie d’avenir" comportant 14 académiciens, créée par Claude Allègre qui produit des "recherches" discutables en écologie. Leur grand thème consiste à réfuter la thèse du réchauffement climatique sous l’effet de l’anthropocène admise par 97% des savants du monde entier.( voir l’article de fond de la revue La Recherche, numéro spécial 500, juin 2015, "Les climato-sceptiques à l’assaut de l’Académie des sciences", 98 pages, pages 8 à 11)

Leur but visė, c’est la Conférence internationale sur cette question qui va réunir 193 pays du globe à Paris en décembre 2015. Ils veulent que l’Académie des Sciences produise un document officiel mettant en valeur leur argumentation fallacieuse. Cette institution prestigieuse risque de se voir discréditée aux yeux du monde scientifique s’ils y parviennent.

Pour ce faire, depuis des années, ils ont œuvré sur le plan institutionnel pour occuper des places de pouvoir dans cette institution. Ainsi ils ont la maîtrise de 50% des places du bureau ( 4 membres) et un nombre significatif (3 membres sur 25) du comité restreint qui organisent les travaux de l’institution.

En 2011 Claude Allègre a réussi une percée importante en faisant héberger sa Fondation qu’il présidait par l’Institut de France, avec les autres grandes Académies françaises et avec les avantages fiscaux et symboliques que cela implique pour les entreprises donatrices. Or on sait que les multinationales jouent un jeu de lobbying tous azimuts pour limiter ou faire disparaître les recherches de pointe en écologie qui contesteraient leur influence néfaste sur le climat. La Canadienne Naomi Klein est très explicite sur ce point ( voir son ouvrage récent Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique [« This Changes Everything : Capitalism vs. the Climate »], Actes Sud,‎ 2015, 640 p.)

Nous savons bien, depuis toujours, que l’institution scientifique est le lieu de luttes de pouvoir qui sont au moins autant politico-économiques que purement scientifiques. Il en va de même dans le sport comme le montrent les récentes affaires dans lesquelles la FIFA footballistique est concernée.

Les scientifiques minoritaires suivent les hypothèses négatrices sur le réchauffement climatique de Vincent Courtillot, un géophysicien de la section sciences de l’univers qui soutient que la variété du climat est naturelle et fait partie d’un cycle de mille ans du soleil. De son côté, une autre membre de la Fondation d’Allègre, Catherine Bréchignac’ une physicienne secrétaire perpétuelle de l’Académie des sciences, affirme en choisissant les données que "les températures globales n’ont pas bougé depuis dix-sept ans. Confirmant ainsi les dires de son complice Claude Allègre qui soutient, en dépit de l’avis de 97% des scientifiques publiant sur le climat, que "le climat est un phénomène régional (...) Les températures moyennes du globe sont difficiles à définir et, ajoute-il, inutiles".

Il est certain que des multinationales polluantes qui profitent comme Monsanto de la pollution généralisée de notre société, doivent applaudir. Ainsi il n’y aurait aucune responsabilité de ce genre d’organisation libérale aux profits exemplaires, dans la dégradation de notre atmosphère et de notre biodiversité. On peut se demander à qui profite le crime du mensonge ?