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Livre électronique : Petites notes pour une vie imperceptible

mercredi 28 octobre 2009, par René Barbier

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Un nouveau livre électronique de René Barbier

(Voir les autres livres électroniques en ligne)

SOMMAIRE

introduction

1.- Exister

Un regard croisé : un événement dans Paris libéré

Un double cheminement

Cheminement I – au cimetière du Père Lachaise

Une mort si simple

Une journée de mort et de naissance

Un ami traverse le siècle : Bernard Fernandez

Gabrielle Russier, une inconnue du XXIe siècle

La Grande Fatigue

Un grand rêve : le petit cheval blanc

Les cinq naissances de l’être humain dans la psychologie d’accomplissement de soi

Qu’est-ce qu’un père ? suivi de « Lettre au père » de F.Kafka

Témoignage de René Barbier dans l’ouvrage Les orientations des sciences de l’éducation à l’université de Paris 8-Vincennes à Saint-Denis

Il n’y a pas d’éducation sans relation. Entretien conduit par Anne de Grossouvre et publié par la revue Alliance pour une Europe des consciences, Mars/Avril 2006, http://www.terre-du-ciel.fr

2.- Constater

André Comte-Sponville, mon ami spirituel

Connaissez-vous Jacques Ardoino ?

Un grand penseur contemporain : Cornelius Castoriadis
Une philosophie radicale de l’existence autonome

Ecoute sensible et transversalité dans la formation des personnels en soins palliatifs.
Conférence au 12e congrès national de la SFAP (15-17 juin 2006) Montpellier

Mon souvenir des Événements de Mai-Juin 1968

En finir avec le jeu du spectaculaire au Tibet comme ailleurs

Ingrid Betancourt et la société du spectacle politique

La « raffarinade », une nouvelle stratégie politique dans une société postmoderne

Bavure policière et cercle vicieux sécuritaire

Le Pen, comédien de l’imaginaire et l’insécurité

L’autobiographie fictionnelle et le devenir spirituel du sujet

L’imaginaire de l’insécurité et location d’appartement à Paris

De la haine et de l’ignorance. A propos d’un texte de l’écrivain Patrick Declerck

Les parachutistes dans les banlieues ?

La mort d’un pape dans la société du spectacle

Un dictateur vient de mourir : Augusto Pinochet

Le soixantième anniversaire du débarquement allié : la « libération » ou la Grande Illusion

La « vieille Europe » contre l’Amérique des marchands de canon

Devant la Guerre

Réélection de G. W.Bush : la fin de l’Empire américain

Ivan Illich, le Président Bush et la guerre en Iraq

IRAQ, éloge de la mort

Ceux qui sauvent l’Amérique
Faut-il tuer Zacarias Moussaoui ?

Elections présidentielles : pour qui voter ?

Élections présidentielles 2007 : Sarkozy, non merci !

Nicolas Sarkozy, un empereur de (petite) Chine sans remontrances

Elections présidentielles : La France en prend pour cinq ans !

Sarkozy entre xénophobie et électoralisme

Ségolène Royal ou l’effet de mode

Michael Jackson, un mythe, une figure potentielle du métissage culturel
Vers un modèle idéal-typique de la mutation interculturelle entre groupes

Sens de la vie et sens du monde

65e anniversaire du débarquement allié : Flash existentiel et mémoire de l’hécatombe du débarquement allié

Le G8 : la « Grande Bouffe » des nouveaux monarques de la mondialisation

Pédagogie ou manipulation ? La question du CPE

CPE. Le 4 avril les manifestants sont restés en colère !

Faut-il voter « oui » au projet de Constitution européenne ?

Dire Oui au Non de Gauche

Comprendre la situation conflictuelle au Tibet

Petite philosophie de la fenêtre

Le soubresaut de la Terre

L’approche écologique, un enjeu pour notre siècle

L’Université de la Terre

Face à la montée mondiale du libéralisme forcené : pour une écologie politique et spirituelle

Écologie de l’éducation, épistémologie et Sciences humaines - note pour une conférence

L’accueil des étudiants étrangers : triste réalité et « poudre aux yeux »

Virginité : Un jugement discriminatoire à l’égard des femmes

La mort de l’abbé Pierre ou l’essor du « Principe Espérance »

L’onde de compassion

Le meurtre d’un chrétien : Frère Roger

3.- S’ouvrir

Le rythme de la vie. Variations sur les sensibilités postmodernes. Un nouveau livre de Michel Maffesoli

Poésie et vérité

Une conclusion ethnographique : Le marché d’Argenteuil

Retentissement sur une thèse impliquée à propos de la grande pauvreté

Multiculturalité, interpellation existentielle et métissage culturel

L’impossible rencontre Orient-Occident

L’énorme silence des chercheurs en sciences de l’éducation

Little Bouddha : supercherie ou réalité « autre » ?

Que peut-on apprendre des peuples-racines : le cas des indiens Kogis de Colombie ?

INTRODUCTION

Il y a longtemps que je voulais réunir en un seul document quelques uns des nombreux textes que j’ai écrits sur un site accessible à tous « le Journal des chercheurs » que j’anime depuis 2002.

Ce sont surtout ici les textes à dimension sociale, politique et culturelle et parfois personnelle et impliquée.

L’avantage de les réunir dans un livre électronique consiste d’une part dans le fait de pouvoir conserver tous les liens hypertextes et d’autre part de les offrir au plus grand nombre.

Il s’agit parfois de simples notes d’une page. D’un flash existentiel transposé dans une épreuve d’écriture, dans tous les sens du terme.

J’ai intitulé cet ouvrage « Petites notes pour une vie imperceptible ».

« Petites notes » car ce sont des touches de vie immédiate ou de retentissements plus intellectuels en fonction de ce qui advient dans le moment d’une vie de citoyen et d’une existence humaine à la sensibilité plus personnelle.

« Vie imperceptible » parce que je me place ici dans la position des gens dont on ne parle pas, qui n’ont pas de posture remarquable, les anti « people » en quelque sorte. Une sorte de « monsieur tout le monde », de Candide que les politiques et certains philosophes ne devraient pourtant pas prendre systématiquement pour un « idiot culturel » comme le dénonce en ethnométhodologie H.Garfinkel. Loin des autres, ceux des mondes scientifique, technique, économique, artistique, littéraire, philosophique, politique etc. dont l’intimité exhibée fait l’objet de tous les regards traqués par les médias. Leur monde est spectaculaire avant tout. Ses acteurs s’activent souvent en connaissance de cause sur le théâtre de la représentation d’eux-mêmes aux yeux de tous. Les plus cyniques l’affichent ostensiblement. Les plus malheureux semblent en être parfois accablés ;

De toute façon, ils sont le plus souvent ignorants des autres, des sans grades, des sans papiers, des sans argents, et de leur genre de vie. Les représentations sociales de ces « gens de peu » (Pierre Sansot) sont de l’ordre de la faillite existentielle, du hors-jeu, de la commisération appliquée lors de quelques « parades humanitaires » dans le meilleur des cas. Si ce n’est de la peur d’une criminalité supposée et toujours prête à exploser. « Classe laborieuse, classe dangereuse » affirmait-on au XIXe siècle,

Aujourd’hui la peur se tourne du côté des laissés pour compte des pays du Sud que le capitalisme financier et bancaire réduit à la misère et que l’idéologie de la croissance conduit à la métaphore du « naufrage du Titanic » (2009) selon l’expression de Nicolas Hulot dans un de ses derniers livres fort explicite à cet égard (deuxième tome sur le même thème avec un film du même nom).

Mais la vie imperceptible reste une vie en acte, de la part de tous et en particulier de ceux qui ne sont pas en première ligne des médias. Eux aussi existent, résistent, se battent contre la dureté de l’économie inégalitaire dans le système libéral. Les plus touchés dans les pays nantis, ceux du quart-monde, développent un réseau d’interactions inconnues du plus grand nombre. Une de mes doctorantes, Geneviève Tardieu, par ailleurs militante de longue date en ces milieux, a lumineusement démontré l’émergence d’une dignité humaine propre aux gens de la grande pauvreté dont « la vie est imperceptible » justement. Cela ne les empêche pas de sentir, de penser, de résister, de dire non, de s’entraider, de tenter de comprendre ce que sans cesse on leur cache.

Bien que je ne sois pas dans leur situation économique sociale et culturelle, je me sens proche de leur révolte. Comme Michel Onfray, je me sens porté par une « pensée rebelle » même si chez moi, par ma nature, par ma culture et par mon histoire, j’entre plus facilement dans l’opacité omniprésente de la complexité que dans l’illusion de la transparence enfin comprise en termes dichotomiques des rapports sociaux et interpersonnels.

Quoi qu’il en soit, je rejoins l’analyse de Hervé Kempf, dans son livre « Pour sauver le planète, sortez du capitalisme » (Seuil, 2009) qui répertorie en sept points ses méfaits évidents.

- la crise écologique doit absolument s’arrêter ;

- l’hypothèse des effets de seuil en matière d’épuisement énergétique est validée ;

- le décalage moral et économique Nord-Sud n’est plus acceptable ;

- Il est impossible de faire accéder tous les habitants de la terre au niveau de vie occidental ;

- les pays riches sont de plus en plus grevés d’inégalités internes spectaculaires ;

- la rivalité entre riches et pauvres s’affiche de plus en plus dans la mondialisation ;

- il devient urgent de relever le défi par un projet politique d’un vivre-ensemble plus libre et plus équilibré.

Cette publication reflète ma transversalité. Je me sens avant tout comme un être intériorisé, plus philosophique que politique. Mais jamais je n’ai exclu de mon existence l’impact de la vie collective et sociale, le « devenir et le vivre-ensemble » que nous cherchons à réaliser, souvent dans le conflit, parfois dans la conciliation.

Sur le plan d’une philosophie de la vie, l’attitude conservatrice n’a pas ma préférence. Je me méfie de la tradition, même si je ne la rejette pas. Elle reflète trop souvent des rigidités qui nient le caractère inéluctable du changement, de la transformation, propre à la vie en acte.

Rien ne dure. Tout est mouvement, impermanence.

Mais je ne suis pas dupe des faux changements, des systèmes de reproduction globale sous le couvert d’une pseudo innovation sous le lien d’un projet discouru sans cesse.

Tout dépend de l’angle de vue où l’on se place. Plus on va vers le haut intellectuellement, plus on voit l’ensemble mais plus il devient flou, en vérité. Vers le bas, quand on met les mains dans le cambouis, on constate que « les transformations sont silencieuses » comme le dit la sagesse chinoise, même si elles sont minuscules et singulières. Je pense qu’il nous faut les deux perspectives pour commencer à comprendre quelque chose à notre devenir.

L’idéologie révolutionnaire des « lendemains qui chantent » n’est pas dans ma sphère de référence. À moins de l’envisager, un peu à la manière de Michel Onfray, comme un « individualisme révolutionnaire » lié à un hédonisme solaire. Encore que je ne peux suivre cet auteur dans la pensée trop dichotomique qu’il développe au fil de son œuvre. Je suis trop porté au doute concernant la certitude de SAVOIR la raison de toute chose, en particulier lorsque qu’elle prétend s’exercer et expliquer la complexité des relations entre les êtres humains comme celles qui nous relient à nous-mêmes et au monde naturel.

Mes lectures et mes réflexions sur la pensée des autres, en particulier la « pensée asiatique » (Chine, Inde, Corée, Japon, Vietnam) m’ont appris à demeurer modeste dans mon évaluation de la nature humaine.
La formation de longue durée à la praxis poétique comme écriture de vie, m’a ouvert au sens de l’inconnu et de l’imprévu, dont l’essentiel n’est pas symbolisable.
J’aime l’aphorisme de René Char que j’applique à la condition humaine en général : « À chaque effondrement des preuves/ Le poète répond par une salve d’avenir ».
La « salve d’avenir c’est tout simplement « la puissance d’exister » au sens de Baruch de Spinoza et de Michel Onfray.

« L’effondrement des preuves », c’est la lucidité tragique de l’épreuve de réalité freudienne, avec la bordée de phantasmes inconscients qu’elle renferme.
Entre le Réel inconnu et non symbolisable, l’imaginaire toujours en guet-apens au sein de notre manière d’être et de vivre, et le symbolique dernier recours très relatif mais nécessaire pour celui qui n’a pas d’espérance dans un quelconque garant métasocial et divin, l’être humain cherche sa vérité, celle de son désir. Il rencontre le désir de l’autre et passe ipso facto de l’harmonie pré-établie au conflit généralisé mais créateur de notre humanité. Parfois, ô miracle, une dialogique interhumaine émerge et ouvre les voies d’un autre espace-temps entre la sauvagerie et la sainteté.

’Tout se résout dit-elle en s’éveillant ». C’est ainsi que le poète Paul Éluard parle de sa femme Nush au sortir du sommeil. Mais cette métaphore dépasse la simple constatation d’un éveil physiologique. Elle nous parle d’un autre « éveil » au fond de la méditation. Un éveil qui métamorphose les éléments tumultueux de la vie quotidienne. Un éveil qui nous fait dégonder l’illusion dichotomique pour entrer dans la non-dualité d’un réel reconnu et assumé comme non maîtrisable, non formulable.

Je souhaite à chacun de connaître, une seule fois, ce moment de vérité dans son existence.

L’ouvrage se compose de trois grandes parties.

Dans la première « Exister », j’ai placé des textes qui se rapportent à cet enjeu essentiel : devenir un être humain. Le processus implique de revenir sur notre enracinement et sur notre finitude. Une confrontation à la naissance et à la mort. Mais également, le signe de l’amitié, l’interpellation d’événements humains, la « Grande Fatigue » qui parfois nous envahit, l’éclatement d’un grand rêve porté par l’archétype, le questionnement sur la paternité et surtout sur l’éducation.

Dans la deuxième partie « Constater », je propose de revenir sur quelques auteurs qui m’ont fondé en philosophie ou en sciences humaines, parmi tant d’autres. J’esquisse alors une pratique de l’écoute sensible en liaison avec le mourir et, immédiatement après, le formidable souvenir de cet élan de vie que furent les Événements de Mai-Juin 1968.

Je n’aime guère la « société du spectacle » et je n’y ai jamais participé. Quelques traits saillants pris dans l’actualité me reviennent en mémoire. Souvent l’esprit sécuritaire cher à l’Extrême-droite politique et son bras armé policier sont derrière l’illusion de la liberté.

L’insécurité va de pair avec la pauvreté d’une part et l’abondance arrogante d’autre part. Derrière cette dialectique permanente, les faiseurs de guerre et leur hégémonie mondiale complotent en silence. L’exemple de la guerre en Iraq, du temps de la dynastie des Bush est là pour nous le rappeler. Mais nous avons, nous aussi, notre pseudo « empereur de Chine » avec le Président Nicolas Sarkozy pour réfléchir sur le jeu narcissique de la toute puissance. Évidemment, tout cela conduit à une politique qui nous demande de prendre conscience des retombées en éducation et à notre engagement en Europe comme vis à vis d’autres grands sujets comme le Tibet.
Partir par la fenêtre pour méditer philosophiquement ouvre notre questionnement sur la nécessaire écologie politique et sur notre regard sur l’altérité et sur la compassion. L’actualité nous en présente trop souvent ses martyrs mais également ses prophètes de terrain.

La troisième partie « S’ouvrir » veut être dans cet élan de vie que je reconnais dans mes moments les plus intenses de réflexion. Renouer avec le sensible, la poésie, le regard « autre » sur la grande pauvreté et sur l’étranger. Et surtout accepter de nous remettre en question à partir de la culture de peuples-racines avant qu’ils ne disparaissent complètement.

à lire (en ligne) : Petites notes pour une vie imperceptible (249 pages)

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